Plongez dans Le Lac, le chef-d’œuvre absolu d’Alphonse de Lamartine (1790-1869). Écrit en 1816 après sa rencontre avec Julie Charles, ce poème est le cri universel de l’homme face au temps qui passe. Une lecture incontournable pour comprendre l’essence du romantisme.
Ainsi, toujours poussés vers de nouveaux rivages, Dans la nuit éternelle emportés sans retour, Ne pourrons-nous jamais sur l’océan des âges Jeter l’ancre un seul jour ?
Ô lac ! L’année à peine a fini sa carrière, Et près des flots chéris qu’elle devait revoir, Regarde ! je viens seul m’asseoir sur cette pierre Où tu la vis s’asseoir !
Tu mugissais ainsi sous ces roches profondes, Ainsi tu te brisais sur leurs flancs déchirés, Ainsi le vent jetait l’écume de tes ondes Sur ses pieds adorés.
Un soir, t’en souvient-il ? Nous voguions en silence ; On n’entendait au loin, sur l’onde et sous les cieux, Que le bruit des rameurs qui frappaient en cadence Tes flots harmonieux.
Tout à coup des accents inconnus à la terre Du rivage charmé frappèrent les échos ; Le flot fut attentif, et la voix qui m’est chère Laissa tomber ces mots :
Ô temps ! Suspends ton vol, et vous, heures propices ! Suspendez votre cours : Laissez-nous savourer les rapides délices. Des plus beaux de nos jours !
Assez de malheureux ici-bas vous implorent, Coulez, coulez pour eux ; Prenez avec leurs jours les soins qui les dévorent ; Oubliez les heureux.
Mais je demande en vain quelques moments encore, Le temps m’échappe et fuit ; Je dis à cette nuit : Sois plus lente ; et l’aurore Va dissiper la nuit.
Aimons donc, aimons donc ! de l’heure fugitive, Hâtons-nous, jouissons ! L’homme n’a point de port, le temps n’a point de rive ; Il coule, et nous passons ! »
Temps jaloux, se peut-il que ces moments d’ivresse, Où l’amour à longs flots nous verse le bonheur, S’envolent loin de nous de la même vitesse Que les jours de malheur ?
Eh quoi ! n’en pourrons-nous fixer au moins la trace ? Quoi ! passés pour jamais ! quoi ! tout entiers perdus ! Ce temps qui les donna, ce temps qui les efface, Ne nous les rendra plus !
Éternité, néant, passé, sombres abîmes, Que faites-vous des jours que vous engloutissez ? Parlez : nous rendrez-vous ces extases sublimes Que vous nous ravissez ?
Ô lac ! Rochers muets ! Grottes ! Forêt obscure ! Vous, que le temps épargne ou qu’il peut rajeunir, Gardez de cette nuit, gardez, belle nature, Au moins le souvenir !
Ô temps ! suspends ton vol…
Dans cette analyse du poème le plus célèbre de Lamartine, on perçoit toute la détresse de l’amant qui supplie la nature de conserver la trace de son bonheur. Le Lac du Bourget devient ici le témoin muet d’une passion éphémère.
Cette réflexion sur la fugacité de l’instant résonne avec notre volonté de fixer la mémoire sur ce site. Comme je l’évoquais dans ma chronique sur les souvenirs, écrire est notre seule manière de ‘jeter l’ancre’ sur l’océan des âges.
Plongez dans Le Cygne, l’un des poèmes les plus magistraux de Charles Baudelaire (1821-1867). Dédié à Victor Hugo alors en exil, ce texte fondateur explore le thème de la mélancolie et des changements de Paris. Une œuvre où le souvenir devient plus lourd que des rochers.
Découvrez Le Cochet, le Chat et le Souriceau, une fable pleine de sagesse de Jean de La Fontaine (1621-1695). À travers les mésaventures d’un jeune souriceau naïf, le poète nous livre une leçon magistrale sur les dangers des apparences. Un classique de la littérature française à redécouvrir.
Découvrez La Solitude, l’un des poèmes les plus poignants de Sabine Sicaud (1913-1928). Véritable prodige de la littérature, la jeune poétesse nous livre ici une méditation profonde sur l’isolement et la douleur, écrite avec une maturité qui continue de bouleverser les lecteurs près d’un siècle plus tard.
Plongez dans l’univers sombre et grinçant d’Arthur Rimbaud (1854-1891) avec Le Bal des Pendus. Écrit dans sa jeunesse, ce poème est une danse macabre où l’ironie se mêle à l’horreur. Une œuvre incontournable pour saisir le génie précoce du poète aux semelles de vent.
Découvrez Lorsque l’enfant paraît, l’un des poèmes les plus tendres de Victor Hugo (1802-1885). Extrait du recueil Les Feuilles d’automne, ce texte célèbre l’innocence de l’enfance qui vient illuminer le foyer. Une analyse profonde sur le rôle de la famille et de la mémoire.
Écrit par Cécile Sauvage, figure emblématique de la poésie de l’intime, « La maison sur la montagne » nous transporte dans un univers où la nature et l’âme fusionnent. Ce poème, extrait de son œuvre empreinte d’une sensibilité rare, résonne comme une invitation à la contemplation et au recueillement.